Un cabinet accède aux espaces professionnels de ses clients par les fonctions que la DGFiP a prévues pour cela : un espace professionnel en mode expert, l’adhésion aux services en ligne pour chaque client, puis des délégations ou des administrateurs suppléants pour l’équipe. Les conditions générales d’utilisation de l’espace professionnel, mises à jour le 1er avril 2026, interdisent en revanche deux pratiques courantes : transmettre ses identifiants à un tiers, et utiliser un automate pour se connecter et collecter des données. Les échanges automatisés passent par un partenaire EDI ou par une API conventionnée.

Ces règles ne figurent pas dans une loi : ce sont les conditions d’utilisation du portail, que la DGFiP motive par « la réglementation, la sécurité informatique et les performances d’utilisation ». Elles s’appliquent pourtant à chaque connexion, et la DGFiP s’est donné les moyens de les faire respecter.

Comment un cabinet accède à l’espace professionnel de ses clients

Les conditions générales recommandent le mode expert à tout usager qui intervient pour le compte de plusieurs entreprises, et précisent qu’il est « particulièrement adapté aux collaborateurs des cabinets comptables ». Le mode simplifié est réservé aux entreprises qui n’ont aucun service en ligne et ne partagent pas leur gestion.

Une fois l’espace créé, le cabinet demande l’adhésion aux services en ligne utiles pour chaque client : consultation du compte fiscal, messagerie sécurisée, déclaration et paiement. La DGFiP envoie alors un code d’activation à l’entreprise, par courrier et parfois dans sa messagerie sécurisée. Le texte est explicite : « la transmission de ce code au demandeur par le représentant légal de la personne sirenisée constitue un mandat donné au demandeur ». C’est ce mandat, et non un mot de passe partagé, qui fonde l’accès du cabinet.

Dans la pratique, la demande d’adhésion trouve sa place dans les diligences d’entrée en relation, à côté de la lettre de mission : le cabinet sait quel service il a demandé, pour quel dossier, et attend le code du client avant de commencer.

Partager l’accès dans l’équipe : suppléants et délégations

Un espace professionnel est strictement personnel : il ne doit être utilisé que par la personne physique qui l’a créé, et il est « strictement interdit » d’en communiquer l’adresse de connexion et le mot de passe, y compris à la personne qui vous remplace. Pour qu’un collaborateur travaille sur un dossier, l’espace propose deux mécanismes :

  • l’administrateur suppléant, qui dispose des mêmes droits que l’administrateur titulaire (« Gérer les services », puis « Gérer mes administrateurs suppléants ») ;
  • la délégation, qui partage tout ou partie des habilitations (« Gérer les services », puis « Gérer mes délégations »).

Ces partages engagent la responsabilité civile de celui qui les accorde. Les conditions générales demandent de vérifier régulièrement que chaque délégation reste nécessaire et de la supprimer dès qu’elle n’a plus d’utilité. Un collaborateur qui change de portefeuille ou quitte le cabinet laisse souvent derrière lui des délégations ouvertes : c’est un point à inscrire dans la revue annuelle des accès.

Quand l’administrateur titulaire quitte ses fonctions, son remplaçant crée son propre espace en mode expert puis utilise la procédure de substitution pour reprendre les habilitations. Les identifiants du partant ne se transmettent pas.

La limite des 100 SIREN par espace professionnel

Pour des raisons de sécurité et de performance, un même espace professionnel ne doit pas gérer plus de 100 personnes sirenisées. Au-delà, la DGFiP prévient que les temps de réponse se dégradent, et rappelle qu’en cas de compromission cette limite restreint le volume d’informations exposées.

Un cabinet de quelques centaines de dossiers doit donc répartir son portefeuille entre plusieurs espaces professionnels en mode expert, par substitution ou par délégation. Cette répartition gagne à suivre l’organisation du cabinet, par équipe ou par associé, plutôt qu’un découpage arbitraire : chacun sait alors depuis quel espace il travaille.

Ce que les conditions générales interdisent expressément

Deux interdictions concernent directement les cabinets et les outils qu’ils utilisent.

Transmettre ses identifiants. Le texte le dit deux fois : il est interdit de communiquer ses informations de connexion « à quiconque », et « il est totalement proscrit de transmettre à son successeur ou à tout autre tiers les identifiants permettant de se connecter à son espace professionnel ». Un tiers, ici, peut être un collègue, un client ou un prestataire.

Utiliser un automate. Le paragraphe 7° est titré « Un espace professionnel interdisant l’usage d’un automate » :

« La DGFIP interdit l’usage d’automate (robot, coffre-forts numériques, …) pour se connecter aux espaces professionnels et collecter des données du portail impots.gouv.fr. Cette interdiction est motivée par des raisons de sécurité informatique et de performance. L’espace professionnel n’est pas conçu pour un usage automatisé. »

L’interdiction vise le moyen, pas l’intention : un robot en lecture seule, lancé depuis un poste du cabinet avec les habilitations du cabinet, reste un automate qui se connecte à l’espace professionnel et collecte des données du portail.

Ce qui se passe en cas d’infraction

La DGFiP annonce disposer de « moyens matériels et humains » pour détecter les accès depuis des sources inhabituelles et les usages suspects. Trois conséquences sont prévues par les conditions générales :

Situation Conséquence prévue
Espace jugé compromis (utilisé par une personne ou un automate autre que son usager légitime) Désactivation de l’espace : mot de passe et réponse à la question de confiance changés d’office ; l’usager doit se présenter à son service des impôts des entreprises pour justifier de sa légitimité
Automate détecté Blocage des accès au système d’information de la DGFiP depuis l’adresse IP utilisée
Identifiants communiqués, délégations mal gérées La responsabilité de la DGFiP ne peut être engagée si des données couvertes par le secret fiscal ou le RGPD parviennent à des personnes non habilitées

Pour un cabinet, le premier risque est opérationnel : un espace désactivé en pleine saison fiscale, c’est un portefeuille de dossiers inaccessible jusqu’au passage au guichet. Le second touche à la relation client : des données couvertes par le secret fiscal qui transitent par un outil que la DGFiP n’a pas habilité.

Les canaux officiels pour automatiser

Les conditions générales ne s’opposent pas à l’automatisation : elles indiquent par où elle doit passer. « Les usagers qui ont besoin d’un échange automatisé avec le système d’information de la DGFiP doivent contacter un partenaire EDI (échange de données informatisé) en matière de déclarations et prendre l’attache de la mission France Recouvrement en matière d’API de consultation d’informations. »

Les partenaires EDI. Pour les filières EDI-TVA, TDFC, EDI Paiement, EDI Requête et EDI IR, seuls les partenaires EDI peuvent envoyer des fichiers à la DGFiP. Ils collectent les données, les mettent au format des cahiers des charges, sécurisent et transmettent les envois, puis informent l’entreprise de leur acceptation ou de leur rejet. La DGFiP publie la liste des partenaires actifs. C’est la voie habituelle des cabinets pour la liasse fiscale et les déclarations de TVA.

Les API de la DGFiP. L’offre ouverte aux partenaires externes compte quatre API (Impôt particulier, SFiP, FICOBA, RIAL). Leur accès est restreint aux organisations autorisées, sur demande DataPass et convention d’échange : il faut un cadre juridique justifiant la levée du secret fiscal, une déclaration de conformité au RGPD et un niveau de sécurité du système d’information attesté. Un éditeur qui intègre ces API à son logiciel n’y accède, pour sa part, qu’avec des données fictives : l’habilitation est demandée par l’organisation qui consomme les données.

Les questions à poser à un éditeur qui se connecte à impots.gouv

Plusieurs logiciels pour cabinets annoncent de récupérer automatiquement des informations du portail : échéances, messagerie, avis d’impôt, habilitations. Certaines peuvent provenir de canaux officiels, d’autres non. Certains outils du marché demandent ainsi l’adresse de connexion et le mot de passe de l’espace professionnel du client, puis vont y lire les données à sa place : c’est précisément ce que les conditions générales proscrivent, et le risque de désactivation pèse alors sur l’espace du client, pas sur l’éditeur. Avant de confier vos accès, posez ces questions et demandez une réponse écrite :

  1. Par quel canal passent les données ? Partenaire EDI (lequel ?), API de la DGFiP (laquelle, sous quelle convention ?), ou connexion à l’espace professionnel ?
  2. Qui s’authentifie ? Vous demande-t-on l’adresse de connexion et le mot de passe d’un espace professionnel, celui du cabinet ou celui d’un client ?
  3. Où sont conservés ces identifiants, et qui y a accès chez l’éditeur ?
  4. D’où partent les connexions ? Depuis vos postes, depuis les serveurs de l’éditeur, depuis une extension de navigateur ?
  5. Que se passe-t-il si la DGFiP désactive un espace ? Qui vous prévient, et qui se présente au service des impôts des entreprises ?
  6. Quelles données couvertes par le secret fiscal transitent par l’outil, où sont-elles hébergées et combien de temps sont-elles conservées ?

Un éditeur qui passe par des canaux officiels répond sans difficulté à ces six questions. Une réponse vague sur les deux premières mérite d’être creusée avant de signer.

Le choix de Kabineo

Kabineo ne se connecte pas aux espaces impots.gouv et ne demande aucun identifiant de connexion, ni ceux du cabinet ni ceux des clients. Les informations qu’il récupère viennent de sources prévues pour cela : les registres publics (SIRENE, RNE, BODACC) et, en cours d’intégration, le partenaire EDI JeDeclare et le partage de données de Pennylane. La contrepartie est assumée : un avis de CFE ou un message de la messagerie sécurisée se consulte toujours dans l’espace professionnel, et Kabineo suit l’échéance correspondante sans aller chercher le document à votre place. Le détail est sur la page connexions.

Cet article est une information générale, à jour au 5 octobre 2026 d’après les conditions générales d’utilisation publiées par la DGFiP. Il ne remplace pas l’analyse de votre situation.

Questions fréquentes

Non. Les conditions générales d'utilisation de l'espace professionnel interdisent de communiquer son adresse de connexion et son mot de passe à quiconque. Le cabinet obtient ses accès par l'adhésion aux services en ligne pour le compte du client : le code d'activation que le représentant légal lui transmet vaut mandat.

Pas avec un automate : la DGFiP interdit l'usage d'automates, robots et coffre-forts numériques compris, pour se connecter aux espaces professionnels et collecter des données du portail. Les échanges automatisés passent par un partenaire EDI pour les déclarations et par une API conventionnée avec la DGFiP pour la consultation d'informations.

Cent personnes sirenisées au plus. Au-delà, la DGFiP demande de créer d'autres espaces professionnels en mode expert et d'y répartir les dossiers par substitution ou délégation.

Ses habilitations sont reprises par son remplaçant au moyen de la procédure de substitution, et les délégations qu'il détenait sont supprimées. Ses identifiants ne doivent jamais être transmis, même à la personne qui le remplace.

La DGFiP surveille les accès. Si elle juge un espace compromis, c'est-à-dire utilisé par une personne ou un automate autre que son usager légitime, elle peut le désactiver en changeant d'office le mot de passe ; l'usager doit alors se présenter à son service des impôts des entreprises pour le rétablir. Elle bloque aussi l'adresse IP de l'automate détecté.

Sources

  1. DGFiP : Conditions générales d'utilisation de l'espace professionnel (mise à jour du 1er avril 2026)
  2. impots.gouv.fr : Fiches focus sur les téléprocédures des professionnels
  3. impots.gouv.fr : Partenaires EDI
  4. impots.gouv.fr : Qui sont les partenaires EDI et quel est leur rôle ?
  5. impots.gouv.fr : L'offre API de la DGFiP
  6. impots.gouv.fr : Comment accéder aux API de la DGFiP ?